Dans l'annuaire, elles ne sont que deux installées dans le secteur. Les diététiciennes deviennent pourtant de plus en plus demandées par le public.
Et aussi par le corps médical. Ce qui est une nouvelle tendance.
PAR MICHEL VIEUX
Le dimanche 30 août 2009
Voilà un métier dont on comprend tout de suite la signification, mais rarement la nécessité. « Les patients nous assimilent aux recettes de régime, et cela m'agace, s'exclame Berengère Rohart, installée à Wattignies. On récupère d'ailleurs les gens qui ont fait des régimes yo-yo (perte de poids puis reprise rapide). Les gens nous prennent pour des "faiseurs de régime". Et à la fin de la consultation, ils avouent "Je pensais que ça serait pire que ça". Et repartent contents. » De bouche à oreille, la publicité se fait. Les personnes hospitalisées qui ont découvert les services diététiques dans les hôpitaux et les cliniques constatent que ce professionnel de la santé agit justement sur la santé. Et c'est ce qui a déclenché l'envie de faire ce métier chez la Wattignisienne (originaire d'Arras). « Je voulais exercer dans le milieu médical, ou dans une profession d'aide à la personne. C'est d'ailleurs comme cela que je conçois mon métier. Je cherche plus ce qui est adapté à la personne, par rapport à ses habitudes, qu'à appliquer des solutions toutes faites.»
Titulaire d'un DUT de génie biologique et biochimique à Villeneuve-d'Ascq, Bérengère Rohart a travaillé dans un centre de convalescence à Hyères, dans le Var, au CHR, en remplacement de la diététicienne de Jeanne-de-Flandres, en cliniques, au Centre d'hygiène alimentaire et alcoologie d'Arras et au centre d'alcoologie et de nutrition de Carvin. « Dans ces différents emplois, et notamment les deux derniers, j'ai beaucoup appris sur la consultation, le bilan, l'écoute, l'enquête alimentaire. Quand on reçoit un patient, on touche quand même à l'intimité familiale. C'est d'ailleurs pour cela que les médecins nous envoient de plus en plus de gens. Pour traiter des maladies comme le diabète, des problèmes de cholestérol. On peut aussi déceler des comportements alcooliques, sans que les gens en aient conscience. » Cette attitude des médecins installe les diététiciens dans le paysage médical. Comme ses collègues, Bérengère Rohart demande toujours à ce qu'on juge les résultats sur le long terme. « Quand les gens croient perdre cinq kilos en une semaine. On décolle, mais on ne change pas les habitudes alimentaires. Les gens espèrent tout, tout de suite, mais au final, sur un an, on a toujours le même poids, voire plus. Moi-même, je n'ai pas de recettes miracle. Il arrive que des clients n'arrivent pas à suivre mes conseils. C'est rare. Une fois que c'est parti, c'est parti. On perd régulièrement. » Dans cette clientèle, on remarque de plus en plus d'hommes. « Ce n'est pas un boom, mais c'est une augmentation régulière. », a constaté la diététicienne. Peut-être faut-il y voir un phénomène de société plus large, au-delà du régime alimentaire. »
Bérengère Rohart intervient aussi à Gondecourt, au cabinet médical (22, rue du Général Leclerc), le mercredi après-midi, une semaine sur deux, et à Templeuve, le mardi après-midi (place de la Gare).
www.lavoixdunord.fr